Drancy, un camp de concentration très ordinaire
1941-1944

Maurice Rajsfus
Editions le cherche midi

Drancy, ne fut pas seulement, contrairement à une légende tenace, un camp de transit dans lequel séjournèrent plus ou moins longtemps des « déportables ». Maurice Rajsfus a eu accès, après des années de recherches, à des archives jusqu’alors inédites et il a recueilli les témoignages de survivants. Il ressort de son livre que Drancy fut bel et bien un camp de concentration très ordinaire à quelques kilomètres de Paris.
Les révélations contenues dans cet ouvrage, quant à la gestion au jour le jour de Drancy, soulèveront bien des polémiques car plus de cinquante après l’ouverture du camp en 1941, il semble que peu d’esprits soient disposés en France à admettre certaines vérités gênantes pour la bonne conscience collective.
Ce livre arrache des masques encore douloureux.
On comprend, en le lisant, pourquoi cette page noire de notre histoire est loin d’être refermée.

Drancy, l'antichambre d'Auschwitz,1941-1944

Editions de l'Amicale des déportés d'Auschwitz

Plaquette pédagogique destinée aux jeunes. Consacrée au camp de Drancy avec témoignages, cartes et données chiffrées.

 
Drancy 1941 – Camp de représailles, Drancy la faim

Noël Calef
Editions FFDJF

Ce livre a été écrit en Italie en 1942-1943 par l’écrivain Nissim (Noël) Calef, qui avait été interné à Drancy pendant la première terrible période de ce camp de représailles, pire alors qu’une antichambre de la mort, puisqu’il tortura de famine 4000 hommes pendant plus de trois mois. A force de m’obstiner, j’ai fini par retrouver l’unique manuscrit qu’a laissé N.Calef après sa mort.
Noël Calef a écrit le voyage au bout de la faim. Un livre d’une profondeur psychologique rarement atteinte. Une grande âme, Nissim Calef, homme de culture et de sensibilité exceptionnelle, propulsé dans cet enfer de sévices et de privations que fut ce premier Drancy, essaie de rester lucide et observe ce que cet univers concentrationnaire criminel fait des Juifs qui en sont les victimes. Rien de plus puissant et de plus pénétrant n’a été écrit sur le sort des Juifs en France pendant la Shoa.
Ce n’est pas seulement un grand livre ; c’est un de ces livres immenses qui s’imposent dès qu’ils sont publiés. Le manque d’intérêt jusqu’au milieu des années soixante dix pour ce qu’il advint des Juifs persécutés par les Nazis et par Vichy explique sans doute que N.Calef n’a pas voulu ou n’a pas pu publier ce chef d’œuvre. Dès que je l’ai lu, j’ai décidé de le publier avant le 20 août 1991. Il m’était impossible de ne pas le publier avant cette date anniversaire. Transformer enfin en livre ce manuscrit génial était l’hommage le plus incontestable à rendre aux détenus de Drancy 1941 qui avaient tant souffert ainsi qu’à N.Calef, qui avait souffert avec eux et qui les avait aimés jusqu’à se transcender pour devenir à jamais l’interprète de leurs souffrances, de leur misère et de leur grandeur.

Serge Klarsfeld